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Programme BIEN JOUER : Résultats et perspectives

Mis en ligne par ID Privé le 14/10/2020


Programme BIEN JOUER : Résultats et perspectives
L‘objectif général du programme "Bien jouer" est de sensibiliser les élèves sur les risques associés aux JAH (endettement, isolement, absentéisme scolaire, perte d‘emploi…) en leur permettant de comprendre leur fonctionnement et en leur apportant des informations afin de prévenir les probables comportements problématiques.
Les interventions sont donc l‘occasion d‘échanger avec les élèves sur leurs connaissances (idées reçues, fausses croyances…) mais aussi sur leurs pratiques (types de jeux, fréquence, sommes dépensées…). Aussi, le programme aborde la différence entre une pratique de jeu dite "responsable" et un jeu dit "problématique" en évoquant le risque d‘addiction. Ce programme a été élaboré par le SEDAP.

Adaptation et expérimentations
Après une phase d’adaptation au contexte culturel Français, trois phases d’expérimentation réalisées entre 2015 et 2019 sur le terrain mobilisant trois structures (SEDAP, AVASTOFA, AMT Arc en Ciel) ont permis d’étudier la faisabilité, l’efficacité et la reproductibilité du programme à plus grande échelle.


Les résultats
La recherche a permis d’avoir des éléments sur la pratique des JAH de ces jeunes, intéressants à analyser à titre de contexte. Les participants sont nombreux à avoir une pratique de jeux d’argent et de hasard. Ainsi la moitié des mineurs a déclaré avoir joué au moins une fois au cours de sa vie (48,7 %) et principalement aux jeux de grattage (55,1 %). Les autres jeux pratiqués sont les paris sportifs (16,9 %), les jeux de tirage et le poker (11,2 % et 12,4 % respectivement). Ils ont déclaré avoir joué en moyenne pour la 1ère fois à l’âge de 12 ans (SD 3.7) et durant les 12 derniers mois, 17,6 % ont joué de façon régulière. Les montants misés au cours des 12 derniers mois sont faibles (82,8 % ont dépensé moins de 20 euros et 17,2 %, 20 euros et plus). Le lieu d’accès prédominant reste les points de vente FDJ (62,7 %) et sur Internet (15,0 %). Les motivations principales pour jouer sont pour le plaisir (27,9 %) et pour l’amour du jeu (32,9 %) et deux autres motifs validés concernent le hasard : pour tester sa chance (29,4 % des jeunes) et pour avoir la chance de gagner un gros gain (30,1 %).

Cette expérimentation a permis de valider l’efficacité des activités proposées par BIEN JOUER et de démontrer qu’un programme structuré d’interventions en milieu scolaire, sur les risques associés aux JAH, peut avoir un impact positif sur les connaissances et les représentations des adolescents. Le programme a considérablement amélioré les connaissances des élèves sur les conséquences des JAH, dissipé les mythes associés et réduit les distorsions cognitives de tous types (illusion de contrôle, erreurs dans le raisonnement probabiliste, et pensée superstitieuse). Il a aussi augmenté leur pensée critique et intensifier les compétences psychosociales (résolution de problèmes, prise de décision, développement de son affirmation de soi…). A la fin du programme, ces adolescents ont appris que les astuces ou stratégies utilisées dans les jeux d’argent et de hasard ne peuvent pas aider à gagner. Ils ont aussi engrangé des connaissances sur la notion de hasard dans les jeux d’argent, sur la gestion de budget et d’éléments financiers de la vie courante.

Perspectives
Le déploiement déjà réalisé dans les régions partenaires, va s’intensifier avec l’appui d’un site internet dédié : 
https://www.bien-jouer.com  (présentation de l’outil, de l’évaluation, de la possibilité de s’inscrire à des formations et de suivre les actualités autour de BIEN JOUER) et la publication d’un Guide de recherche.


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