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Lutter ensemble contre l’"infodémie" - Trop d'informations sur la santé… peuvent rendre malade !

Mis en ligne par ID Privé le 30/06/2020


Lutter ensemble contre l’"infodémie" - Trop d'informations sur la santé… peuvent rendre malade !
Peu après avoir déclaré que l’épidémie de COVID-19 était une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a mis en garde contre la menace d’une "infodémie" : une surabondance d’informations, dont certaines peuvent être trompeuses, voire dommageables.

Cette avalanche d’informations peut être préjudiciable pour la santé, et ce de plusieurs manières. Elle peut :
- compliquer la recherche d’informations et de conseils exacts et fondés sur des preuves dans le domaine de la santé publique ;
- contribuer, par son volume, sa facilité d’accès et son omniprésence, à de l’anxiété, de l’inquiétude et à d’autres problèmes de santé mentale ;
- amener à suivre des conseils fallacieux, voire dangereux ;
- engendrer une lassitude, susciter du désintérêt et de l’animosité envers les messages de santé publique ;
- encourager la xénophobie, la haine et le rejet.

La lutte contre cette menace pour les générations actuelles et futures est l’un des aspects des efforts investis par l’OMS dans la communication sur les risques et la mobilisation des communautés pour la préparation et la riposte au fil du temps. À partir du 29 juin 2020, l’OMS organisera sa première conférence mondiale sur l’infodémiologie, afin de rechercher des exemples et des outils qui aideront à gérer les infodémies et à constituer une communauté de pratique et d’étude.

La communication, une mesure de santé publique
Il n’a jamais été aussi clair que la communication est une importante mesure de santé publique qui contribue à l’endiguement des pandémies, parallèlement à l’épidémiologie, la virologie et la gestion clinique. Plus la population fait confiance aux autorités sanitaires, plus elle se conforme aux directives énoncées pour préserver la santé et adopte des comportements en vue de sa protection, qui contribuent à la lutte contre la pandémie de COVID-19 à l’échelle nationale et mondiale.
Certains facteurs, notamment une communication tardive et peu claire, des incohérences et une infodémie, peuvent saper la confiance.

Une communication en évolution
L’aspect le plus nuisible de l’infodémie a été la diffusion d’informations erronées et trompeuses par des acteurs extérieurs au secteur de la santé. Cela a entraîné la diffusion d’affirmations dangereuses et sans fondement.
Parce que le virus qui provoque la COVID-19 n’a été découvert qu’il y a quelques mois, les scientifiques en apprennent tous les jours. Dès lors, les recommandations peuvent changer à mesure que de nouvelles bases factuelles sont recueillies. En l’absence d’une communication claire, l’incertitude et le doute au sujet des conseils dispensés et des organes diffusant ces informations peuvent s’accroître.
La gestion du changement et la communication doivent établir clairement qu’au fur et à mesure que la recherche progresse, la clarté s’installe et de meilleures pratiques sont adoptées. Cette démarche augmente la probabilité que les changements soient incorporés de manière harmonieuse dans les conseils et les directives à l’échelle nationale.
Instaurer la confiance
Les périls suscités par l’infodémie sont très divers. En plus d’avoir des conséquences pour la santé de l’individu, ils peuvent attiser la xénophobie, la haine et le rejet, ce qui peut avoir un impact durable pour la santé publique et les droits de la personne humaine.
Qui plus est, une étude récente du Reuters Institute sur la désinformation en langue anglaise au sujet de la COVID-19 a révélé qu’entre janvier et mars 2020, 39 % de la désinformation faisant l’objet de l’évaluation comprenait de fausses affirmations sur les actes ou les politiques des autorités, y compris des gouvernements et des organismes internationaux tels que l’OMS. Cela laisse à penser que l’autorité et la crédibilité des organismes officiels sont minées par l’infodémie.
Pour s’opposer à ce phénomène, les gouvernements, les organisations et les autorités doivent agir de manière transparente et consensuelle afin de gagner la confiance de la population, grâce à une mobilisation permanente, en toute transparence, ainsi qu’à des partenariats dynamiques.
L’OMS/Europe a travaillé en étroite collaboration avec d’autres organisations pour communiquer plus ouvertement, par exemple en s’associant à des plates-formes numériques, en unissant ses forces à celles de la Global Shapers Community, en lançant l’agent conversationnel HealthBuddy et en organisant régulièrement des points de presse virtuels.

Une responsabilité pansociétale
Il incombe à chacun d’amplifier des informations fiables, fondées sur des données scientifiques. Au début de ce mois, le secrétaire général des Nations Unies a présenté une série de recommandations visant à faire en sorte que tout le monde soit "connecté, respecté et protégé à l’ère du numérique". Des outils ont été mis au point pour aider les États membres à lutter contre les infodémies. Il est essentiel que les pays acquièrent une meilleure connaissance de ces outils et apprennent à mieux les utiliser afin de s’opposer efficacement aux infodémies.
L’OMS s’est fait l’écho de cette nécessité dans sa résolution sur la COVID-19, adoptée lors de l’Assemblée mondiale de la santé de cette année, qui appelle les pays, les organisations internationales et d’autres à prévenir la prolifération de la désinformation et de la mésinformation.


Source >> OMS