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Lancement de la 5G en France - Tour d'horizon des questions soulevées par le déploiement de cette nouvelle technologie

Mis en ligne par ID Privé le 10/01/2020


Lancement de la 5G en France - Tour d'horizon des questions soulevées par le déploiement de cette nouvelle technologie
Enjeu technologique et stratégique, l'arrivée de la 5G en France est annoncée pour l'année 2020. Son déploiement ouvre des perspectives pour de nouveaux usages du numérique.
La procédure de sélection pour l'attribution des fréquences de la 5G a été lancée le 31 décembre 2019. Tour d'horizon des questions soulevées par le déploiement de cette nouvelle technologie.

Qu'est-ce que la 5G ?
La 5G est le futur standard des communications mobiles, dit de 5e génération. Cette technologie s'annonce plus performante en termes de débit, de délai de transmission et de fiabilité.
Contrairement à la 3G et à la 4G, son utilisation ne se limite pas aux réseaux mobiles. Elle ouvre des perspectives pour le développement des usages numériques. Les nouvelles performances permettent une expansion des possibilités notamment en termes de services et d'applications numériques : voiture autonome, objets connectés, télémédecine, etc.

Quel est le rôle de l'Arcep dans le déploiement de la 5G ?
Autorité administrative indépendante (AAI), l'Arcep assure la régulation des communications électroniques. Elle est parfois appelée "gendarme des télécoms". Elle attribue notamment les ressources en fréquence et a pour mission de préparer le déploiement de la 5G en France.

L'Arcep a défini le nombre de bandes de fréquences qui pourront être utilisées par la 5G. Le 21 novembre 2019, elle a publié sa proposition de cahier des charges pour l'attribution des fréquences dans la bande 3,4-3,8GHz. L'Arcep a rendu un avis sur les conditions financières de l'appel à candidatures proposées par le gouvernement.

La procédure de sélection de l'attribution des fréquences(nouvelle fenêtre)  a été lancée le 31 décembre 2019. Elle est conduite par l'Arcep.

Quelle est la procédure d'attribution des fréquences pour la 5G ?
31 blocs de fréquences de 10 MHz sont en jeu et seront attribués en deux étapes :
- une première phase permettra à quatre candidats maximum d’obtenir un bloc de fréquences de 50 MHz, contre des engagements optionnels. Le prix de réserve déterminé par le gouvernement est de 350 millions d'euros par bloc de 50 MHz ;
- une enchère multi-tours sera organisée pour attribuer les fréquences encore disponibles. Les candidats qualifiés auront la possibilité d’acquérir des fréquences additionnelles, par blocs de 10 MHz. Le prix de réserve déterminé par le gouvernement est de 70 millions d'euros par bloc de 10 MHz.
Les candidats peuvent déposer leurs dossiers de candidature jusqu'au 25 février 2020.

L’Arcep publiera environ trois semaines après la date limite de dépôt des dossiers de candidature la liste des candidats qualifiés pouvant participer aux enchères, ainsi que les résultats de la phase d’attribution des blocs de fréquences de 50 MHz.

Les autorisations d’utilisation de fréquences seront délivrées aux opérateurs mobiles au cours du deuxième trimestre 2020. Les fréquences seront disponibles pour une utilisation par les opérateurs mobiles soit au 1er juillet 2020, soit au 1er janvier 2021, selon les départements.

La Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat a accueilli favorablement les modalités de déploiement. Toutefois, le prix de réserve des enchères retenu "pourrait limiter l’intensité concurrentielle sur le marché".

Qu'apporte la loi sur la sécurisation des réseaux ?
Promulguée le 1er août 2019, la loi visant à préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale de la France dans le cadre de l’exploitation des réseaux radioélectriques mobiles, aussi appelée "loi 5G ", introduit un nouveau régime d’autorisation préalable pour l’utilisation de dispositifs de réseaux 5G par les opérateurs. Cette loi répond aux nombreuses inquiétudes de possibles risques d’espionnages ou de sabotages.

En effet, les spécificités techniques propres à la 5G sont susceptibles d’accroître les vulnérabilités des réseaux. Les réseaux 5G offrent une plus grande surface de vulnérabilité à d’éventuelles attaques en raison de leur grande ramification, qui va supposer la multiplication des antennes, des capteurs et des nœuds informationnels. Potentiellement, chaque antenne peut devenir une partie sensible du réseau alors que les réseaux 3G et 4G étaient centralisés. Des craintes sont également exprimées sur la sécurité des équipements commercialisés par des équipementiers. Par exemple, les États-Unis ont pris des mesures à l'encontre de l’équipementier chinois Huawei.

La loi prévoit que toute activité d'exploitation de certains équipements radioélectriques est soumise à une autorisation préalable du Premier ministre. Les demandes d’autorisation sont traitées par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Une autorisation peut être refusée s'il existe "un risque sérieux d’atteintes aux intérêts de la défense et de la sécurité nationale".

La 5G présente-t-elle un risque pour la santé ?
La 5G est similaire aux autres technologies des générations précédentes, elle sera donc soumise aux mêmes limites réglementaires concernant les expositions aux ondes.
La 5G utilise une bande de fréquences plus haute que le réseau 4G avec une portée des ondes plus courte. La 5G va donc nécessiter l'installation de nombreuses antennes. La multiplication des antennes fait craindre une augmentation de l'exposition aux radiofréquences. Des antennes adaptatives devraient cependant réduire le rayonnement des ondes.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) est chargée d’évaluer l'exposition de la population aux champs électromagnétiques liée au déploiement de la 5G et les effets sanitaires associés à cette exposition.

Quel peut être l'impact environnemental de la 5G ?
La 5G, comme la 4G avant elle, va contribuer à une consommation accrue de données. L'augmentation des performances entraînera aussi une nouvelle utilisation du numérique. Le déploiement de la 5G risque d'accroître la consommation énergétique pour la production de données et la pollution numérique.
Les défenseurs de la 5G considèrent que l'architecture décentralisée de la 5G va, au contraire, permettre des économies d'énergie, les données n'étant plus forcément traités dans des sites centralisés.

Source >> Vie Publique
 



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