ID Privé - Votre actualité privée, pratique, juridique et ludique



Journée mondiale sans tabac 2019 - 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans, des résultats inédits

29 Mai 2019


Journée mondiale sans tabac 2019 - 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans, des résultats inédits

1,6 million de fumeurs en moins en deux ans, tels sont les résultats issus des Baromètres annuels de Santé publique France. Il s’agit d’une baisse d’ampleur inédite, de l’ordre de 12% en deux ans. Après plusieurs années de stabilité, la prévalence du tabagisme, qui avait diminué d’un million entre 2016 et 2017 1, poursuit sa baisse avec 600 000 fumeurs en moins entre 2017 et 2018. La prévalence du tabagisme quotidien est, en 2018, de 25,4% ; elle a baissé de 4 points en deux ans. Il faut comprendre que 1,6 million de fumeurs en moins traduit non seulement l’arrêt du tabac par les fumeurs, mais aussi la réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme.

L’impact de la politique publique
Ces bons résultats traduisent l’impact de la politique publique cohérente, déterminée et de ses nombreuses mesures parmi lesquelles : l’augmentation régulière des prix du tabac ; la mise en place au 1er janvier 2017 du paquet neutre ; le remboursement des substituts nicotiniques ; des temps de communication récurrents et coordonnés portés par le ministère de la Santé, Santé publique France, l’INCa et l’Assurance maladie ; et bien sûr l’opération Mois sans Tabac, qui se déroule depuis 2016 tous les mois de novembre, événement majeur d’incitation au sevrage tabagique et à la "dénormalisation" du tabac.

Une baisse des ventes du tabac
La baisse de la prévalence explique en partie la diminution des ventes de tabac dans le réseau des buralistes. Toutefois, pour expliquer cette baisse des ventes, il convient également de prendre en considération les achats transfrontaliers en augmentation, la contrebande, notamment par internet ou par l’intermédiaire des ventes de rue, qui se développent en raison des prix élevés du tabac, et le fait que les fumeurs quotidiens fument moins de cigarettes par jour. Ces derniers consommaient 13 cigarettes/jour en 2018 versus 13,3 en 2017 et 13,8 en 2010.

Des inégalités sociales qui restent marquées
Ces très bons résultats ne doivent pas masquer le fait que la France garde un taux de prévalence du tabagisme quotidien très élevé en comparaison d’autres pays de même niveau économique, avec de très fortes inégalités sociales. Deux groupes se différencient significativement : les plus diplômés (>Bac), avec une prévalence du tabagisme quotidien de 19,4%, et le reste de la population, incluant les personnes sans diplômes et celles ayant un diplôme inférieur ou égal au Bac, avec un tabagisme quotidien de 28,2%. Cependant, depuis deux ans ces inégalités très marquées ne se creusent plus ; c’est aussi un des résultats très encourageants de la politique publique de réduction du tabagisme.

Des décès attribuables au tabac qui augmentent chez les femmes
Depuis 15 ans, le nombre de décès attribuables au tabac chez les femmes augmente de plus de 5% par an en moyenne. Ils témoignent du tabagisme féminin qui a progressé entre les années 1970 et 1990. Ces données dramatiques sont autant d’éléments de plaidoyer pour renforcer encore la lutte contre le tabagisme en France.
Pour l’année 2015 tous sexes confondus, 75 000 décès sont attribuables au tabac, soit 13% des décès survenus en France métropolitaine.

Une augmentation de l’usage de l’e-cigarette
Parmi les outils d’aide au sevrage tabagique, la cigarette électronique est le plus utilisé par les fumeurs pour arrêter de fumer. Cette utilisation s’inscrit depuis quelques années dans une stratégie de réduction des risques. Les données du Baromètre de Santé publique France soulignent pour la première fois l’accroissement de l’usage de l’e-cigarette : 3,8% l’utilisent quotidiennement versus 2,7% en 2017, soulignant les modifications de l’usage de cet outil de sevrage tabagique.

En conclusion
Les données de prévalence 2018 étaient très attendues après le succès enregistré entre 2016 et 2017. Le fait que nous observions une deuxième année de baisse témoigne de la réalité de cette diminution. Dans ce contexte il faut maintenir les politiques publiques, voire les accentuer. C’est dorénavant possible avec les moyens financiers du Fonds de lutte contre le tabac, devenant Fonds de lutte contre les addictions. Ils permettent, en particulier, de communiquer tout au long de l’année sur le risque du tabac, et le bénéfice de l’arrêt, ce qui contribue très fortement à la "dénormalisation" du tabac. La baisse du tabagisme en France est un grand succès de la santé publique. Elle devrait se poursuivre, tant les politiques publiques sont devenues cohérentes sous l’impulsion de notre ministre de la Santé et du fait de la poursuite de l’augmentation du prix du tabac, dont on connaît l’impact sur la prévalence du tabagisme.

BEH n°15/2019 – 2019-05-28

>> Estimation du nombre de décès attribuables au tabagisme, en France de 2000 à 2015

>> Baisse de la prévalence du tabagisme quotidien parmi les adultes : résultats du Baromètre de Santé publique France 2018



Journée mondiale sans tabac 2019 - Priorité à la BPCO, méconnue et sous diagnostiquée en France !
La Journée mondiale sans tabac est dédiée cette année à la santé pulmonaire. Le risque de cancer du poumon lié au tabagisme est connu, par contre les Français connaissent moins la broncho-pneumopathie chronique obstructive (la BPCO) qui est pourtant une des conséquences graves du tabagisme. Elle est responsable chaque année de plus de 18 000 décès. Selon le Baromètre de Santé publique France 2017, seul 1 Français sur 5 connait cette maladie. Le Ministère des Solidarités et de la santé, l’Assurance Maladie et Santé publique France, en partenariat avec la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) et la Fondation du Souffle se mobilisent pour mieux faire connaître la BPCO et ses symptômes.

La BPCO, une maladie méconnue
La BPCO est une maladie respiratoire chronique due à une inflammation et une obstruction permanente et progressive des bronches. Ses symptômes sont la bronchite chronique (toux grasse pendant plusieurs mois chaque année durant plusieurs années consécutives), des bronchites à répétition ou une sensation de manque d’air qui s’installe progressivement. Particulièrement handicapante, elle touche en France entre 5 et 10% des adultes2 et est en passe de devenir la 3e cause de mortalité dans le monde3. C’est pourquoi il est important de diagnostiquer précocement cette maladie qui ne se guérit pas mais dont l’évolution peut être ralentie par l’arrêt du tabac.
Les résultats du Baromètre de Santé publique France mené en 20174, montrent que la BPCO reste encore largement méconnue du grand public. Ainsi, parmi les 6 347 personnes interrogées :
  • Seule une personne sur cinq connaissait le terme de BPCO,
  • Parmi elles, seule 1 sur 3 indiquait le tabac comme en étant la cause principale5.
Cette méconnaissance est plus marquée chez les hommes, chez les jeunes et chez les personnes de faible niveau socioéconomique.

Une nouvelle campagne pour mieux connaître et diagnostiquer la BPCO
Essoufflement, toux grasse… ces signes semblent classiques chez les fumeurs et pourtant ils peuvent aussi être les premiers symptômes d’une BPCO. Une mesure du souffle (spirométrie) permet facilement de faire le diagnostic. On estime aujourd’hui que plus de 70% des personnes présentant une BPCO ne sont pas diagnostiqués, le diagnostic étant souvent porté alors que la maladie est déjà à un stade avancé. L’amélioration des connaissances des Français, des fumeurs et des anciens fumeurs et la sensibilisation des professionnels de santé sont essentielles à un diagnostic plus précoce et ainsi à une meilleure prise en charge de cette maladie.
Du 31 mai au 26 juin, le Ministère des Solidarités et de la santé, Santé publique France et l’Assurance Maladie lancent une campagne radio "Tout savoir sur la BPCO". Elle se compose de 3 chroniques santé de 60 secondes sous forme d’interview. Un pneumologue apportera son éclairage autour de 3 thèmes : "BPCO et tabagisme", "BPCO, qui est concerné ?", "BPCO : symptômes et diagnostic". Elles seront diffusées en Métropole et dans les DOM.
Le dispositif est complété par une campagne digitale pour le grand public et les professionnels de santé et des publi-rédactionnels dans la presse médicale.
Au-delà de cette priorité, la journée mondiale sans tabac est aussi l’occasion pour tous les fumeurs de s’engager dans une démarche d’arrêt et pour tous les professionnels de santé, de parler tabac avec tous leurs patients.


Santé publique France - Analyse complète – 2019-05-28
 



Dans la même rubrique :









1 2 3 4 5 » ... 8






Les dernières informations de
l'Institut National de la Consommation...






Bénéficiez gratuitement de tous les services de ce site. Indiquez votre adresse mail ci-dessous...

Retrouvez vos informations sur...



Les derniers articles les plus lus...