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Cueillette de plantes comestibles : ne pas confondre avec des plantes toxiques

2 Juillet 2019


Cueillette de plantes comestibles : ne pas confondre avec des plantes toxiques

Suite aux signalements de plusieurs cas d’intoxication grave, dont deux décès, l’Anses et le réseau des Centres antipoison attirent l’attention sur les risques liés à la confusion de plantes toxiques avec des plantes comestibles. L’Agence appelle à plus de vigilance et livre quelques conseils pour éviter les risques d’intoxication.
Certaines plantes toxiques ressemblent à des plantes comestibles et peuvent être confondues avec ces dernières lors de cueillettes dans la nature mais également dans le jardin ou le potager. L’Anses souligne que la cueillette de plantes pour la consommation n’est pas sans risques. Suite à un cas de décès lié à une confusion alimentaire, l’Agence et les Centres antipoison dressent le bilan des intoxications liées à de telles confusions et proposent des mesures de prévention.
 
Plusieurs cas récents d’intoxication graves liés à une confusion alimentaire
En juin 2019, un homme de 63 ans est décédé suite à la consommation d’œnanthe safranée qu’il avait confondu avec du persil tubéreux, cultivé et ramassé dans son jardin. Quinze autres cas de confusion alimentaire d’œnanthe safranée avec une plante comestible ont été enregistrés par les Centres antipoison de 2012 à juin 2019.
Un an plus tôt, un promeneur est décédé après avoir cueilli et consommé des feuilles d’aconit napel (ou aconit tue-loup), plante très toxique, confondue avec du couscouil (Molopospermum peloponnesiacum), dont les feuilles se consomment usuellement en salade.
Enfin, en mai dernier, une alerte a été lancée par l’Agence Régionale de Santé Grand-Est suite au signalement par les Centres antipoison de vingt cas d’intoxication par du colchique (Colchicum autumnale), confondu avec de l’ail des ours (Allium ursinum) ou du poireau sauvage (Allium polyanthum).
 
Plus de 250 cas de confusion alimentaire par an
À travers son dispositif de toxicovigilance qui rassemble les signalements des Centres antipoison, l’Anses a recensé plus de 250 cas par an de confusion de plantes depuis 2012. Au total, 1 872 cas de confusion alimentaire avec des plantes ont été recensés de 2012 à 2018. Toutes les tranches d’âge sont touchées dont les enfants de moins de six ans.
Ces confusions alimentaires concernent de multiples plantes et peuvent impliquer, en fonction des saisons, les fleurs, les bulbes, les graines, les baies, les racines, les feuilles, etc. L’Anses a établi une liste des plantes les plus fréquemment confondues et/ou à l’origine des cas d’intoxication les plus graves. Il s’agit notamment des plantes à bulbes confondues avec l’oignon, l’ail, ou l’échalote, du marron d’Inde confondu avec la châtaigne, des coloquintes ou courges amères confondues avec les courges comestibles, ou encore de l’arum confondu avec l’oseille ou l’épinard.
Les symptômes les plus communs sont des troubles digestifs - douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée - pouvant être graves pour certaines plantes comme les coloquintes. Certaines plantes provoquent également des symptômes plus graves, cardiaques ou neurologiques pouvant aller jusqu’au décès. Il s’agit par exemple, de la vérâtre confondue avec la gentiane, de la belladone confondue avec du raisin, ou encore de la digitale confondue avec la consoude.
 
Recommandations afin d’éviter la consommation de plantes toxiques 
Pour limiter les risques d’intoxication par confusion, l’Anses et les Centres antipoison préconisent :
- De ne pas consommer la plante ramassée en cas de doute sur son identification.
- De cesser immédiatement de manger si la plante a un goût inhabituel ou désagréable.
- De ne pas cueillir par brassées, pour éviter de cueillir plusieurs espèces et de mélanger des espèces toxiques avec des espèces comestibles.
- De photographier sa cueillette pour en faciliter l’identification en cas d’intoxication.

En cas d’urgence vitale (coma, détresse respiratoire…) : appeler immédiatement le 15.
En cas d’apparition de troubles de santé après le repas : appeler un Centre antipoison.

ANSES - Communiqué complet- 2019-07-01



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