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Cathédrales françaises : comment l’Etat met en valeur son patrimoine religieux

Mis en ligne par ID Privé le 22/08/2019


Cathédrales françaises : comment l’Etat met en valeur son patrimoine religieux
L’incendie de Notre-Dame souligne de manière tragique l’importance du patrimoine religieux dans l’ensemble du patrimoine culturel français. Comment l’Etat s’investit-il dans l’entretien de ses cathédrales ? Retour sur les derniers travaux d’entretien, de réparation et de restauration entrepris sur le sol français.

Le projet de reconstruction de Notre-Dame de Paris, au cœur de l’actualité, est le fruit d’une mobilisation exceptionnelle. L’engagement de l’Etat en faveur du patrimoine religieux est cependant loin de se limiter au chantier hors-norme  du célèbre joyau de l’architecture gothique. Les édifices religieux classés ou inscrits représentent en effet 34% du patrimoine protégé au titre des monuments historiques et ont bénéficié, en 2017, d’une dotation globale de 116 millions d’euros du ministère de la Culture. Outre les subventions versées par les directions générales des affaires culturelles (DRAC) aux propriétaires d’édifices religieux protégés, cette dotation comprend les crédits destinés à financer l’entretien et la restauration de 87 cathédrales propriétés de l’Etat. Le point sur les grands chantiers en cours dans ces édifices.

Des commandes publiques artistiques à Metz et Basse-Terre (Guadeloupe)
Avec ses 700 000 visiteurs par an, la cathédrale  de Saint-Etienne est l’édifice le plus visité de Lorraine Après la restauration de la tour de la Mutte, achevée en 2015, de nouveaux travaux de rénovation sont sur le point d’être entrepris sur la chapelle du Saint-Sacrement et la façade du bras sud du transept, pour un montant prévisionnel de 2,35 millions d’euros. Enfin, à l’occasion du 800eanniversaire de ce monument emblématique du patrimoine messin, deux commandes publiques artistiques ont été passées par le ministère de la Culture. La première concerne les vitraux du triforium de la chapelle Saint-Nicolas, qui seront réalisés par Kimsooja, une artiste coréenne de renommée internationale. La seconde, une commande de design graphique relative à la signalétique du lieu, est destinée à valoriser le patrimoine artistique de la cathédrale tout en améliorant la lisibilité de l’itinéraire menant à la crypte et au trésor.
La cathédrale Notre-Dame de Basse-Terre a également bénéficié du soutien du ministère de la Culture dans le cadre d’un ambitieux projet de création qui a permis à l’évêque de Guadeloupe d’inaugurer, en décembre dernier, un nouvel orgue de tribune. Fruit d’un savant dialogue entre savoir-faire ancien, formes contemporaines et histoires outre-marines, l’instrument a été conçu par l’atelier Bertrand Cattiaux, facteur d’orgue et maître d’art. 

Une découverte rare à Bayeux
La cathédrale fait l’objet de travaux d’entretien et réparation ponctuels, auxquels sont alloués 187 000 euros chaque année. En 2018, plusieurs opérations ont ainsi pu être menées, incluant la sécurisation des flèches de la cathédrale, et la restauration de ses girouettes. Un chantier exceptionnel a également été lancé en vue de restaurer les fenêtres du transept, et de créer de nouvelles verrières, les anciennes ayant été détruites par une tempête au 18e siècle. Le montant des travaux, qui auront lieu sur les 6 façades de la cathédrale à raison d’une façade par an, s’élèvera au total à 5 050 000 euros.

Enfin, une enveloppe 576 000 euros a été dédiée à des travaux de mise en accessibilité de la cathédrale. Les investigations archéologiques menées à cette occasion y ont révélé l’existence de vestiges médiévaux jusqu’alors inconnus. Parmi ceux-ci figurent notamment un sarcophage  datant du VII-VIIIe siècle. Fait rare, ses parois sont ornées de multiples dessins prenant la forme de motifs entrelacés, d’étoiles, d’armes, d’outils, de noms, de formes zoomorphes ou encore anthropomorphes gravés dans la pierre. L’inspection des fondations de la cathédrale a également dévoilé une maçonnerie primitive, possiblement antérieure à la période romane. Des recherches sont actuellement menées sur le détail de la chronologie de cet ensemble, et, une fois nettoyé, le sarcophage fera l’objet d’une valorisation patrimoniale.

L’envers des chantiers des cathédrales d’Angers et de Lyon
Des études réalisées en 2009 ont révélé que les deux-tiers du portail de la cathédrale d’Angers étaient recouverts de décors datant du XIIe et du XVIIe siècle. Afin de mettre en avant ces polychromies, le ministère de la Culture a dédié 500 000 euros à des travaux de rénovation initiés en mai 2018. Un reportage photo permet au public de découvrir les différentes étapes de ce chantier.

Afin de conserver, avant le début d’importants travaux de restauration intérieure, une mémoire de l’état de l’édifice, la DRAC Auvergne- Rhône-Alpes a passé commande en 2012 d'une visite virtuelle de la cathédrale Saint-Jean de Lyon. Mise à jour en 2017, cette visite virtuelle  permet désormais de comparer en un clic les mêmes points de vue avant et après restauration. Les travaux ont commencé par le chœur, avant de se poursuivre au niveau du transept puis de la nef. Ils devraient prochainement s’étendre aux bas-côtés et aux chapelles latérales de la cathédrale.


Deux chapelles restaurées en Occitanie
Destinée à abriter la Sainte Coiffe, la chapelle d’axe de la cathédrale Saint-Etienne de Cahors a été entièrement reconstruite à la fin du XIXe siècle par Tourette. L’architecte diocésain a souhaité donner à cette partie de l’édifice un caractère roman, qui transparait dans ses décors muraux. A l’occasion du 900e anniversaire de la cathédrale, les peintures et les toiles marouflées qui constituent ce décor ont été restaurées et l’éclairage revu. Présentée aux médias en juin 2019, la chapelle a en outre été clôturée par une grille s’inspirant de la table de communion du 19esiècle. L’opération, d’un montant de près de 390 000 euros, a été entièrement financées par le ministère de la Culture.

A Rodez c’est un chef d’œuvre de la Renaissance, la chapelle du Saint-Sépulcre, qui a ré-ouvert en 2018 ses portes au public suite à un chantier. Ce dernier a notamment permis de traiter la clôture en pierres sculptées qui protège l’autel et son précieux retable. Les travaux de restauration, engagés pour un montant de 500 000 euros, ont également révélé les candélabres peint sur les piliers monumentaux supportant la voûte et les vestiges d’un décor historié sur le mur faisant face au retable.

Ministère de la Culture - Communiqué complet- 2019-08-21

 



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