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Baisse de revenus, difficulté à payer ses factures, sur-occupation des logements, anxiété… Etat des lieux des difficultés rencontrées par les ménages en période de confinement

Mis en ligne par ID Privé le 06/05/2020


Baisse de revenus, difficulté à payer ses factures, sur-occupation des logements, anxiété… Etat des lieux des difficultés rencontrées par les ménages en période de confinement
A l’heure où la crise sanitaire vient amplifier les inégalités entre les individus  (conditions de logement ou de travail, accès à l’éducation, aux soins, ou encore à Internet) et aggraver les effets des situations de précarité énergétique et de mal-logement, cet article recense de manière synthétique les retours de terrain des membres du RAPPEL sur une question :
Quels sont les impacts de la crise sanitaire sur les ménages confinés dans leur logement ? 
1/ Les revenus d’activité diminuent
  • Les revenus d’activité des ménages diminuent du fait du chômage partiel, des arrêts maladie pour garde d’enfant ou du recul des “petits jobs”.
  • Les ménages vivant de l’économie informelle, et ne pouvant pas bénéficier des mesures exceptionnelles du gouvernement type chômage partiel, se retrouvent sans revenu.
  • De nombreux salariés sont touchés par la baisse de leurs revenus et, étant cette année au-dessus des plafonds de revenus rendant éligibles aux dispositifs d’aides (Anah, diagnostic et orientation des ménages du type SLIME, aides au paiement des factures, etc.), ils ne pourront en bénéficier que l’année prochaine si leurs revenus passent sous ces plafonds en 2019.
2/ Le paiement des factures d’énergie n’est pas prioritaire
  • Bien que la consommation d’énergie des ménages ne semble pas avoir augmenté avec le confinement, ces derniers craignent une augmentation des factures d’énergie due au confinement (notamment liée à une augmentation de la consommation d’électricité spécifique - la plupart des ménages ne se chauffant plus - et de la cuisson du fait de l’arrêt des cantines).
  • Les problèmes financiers pour payer les factures d’énergie semblent être un problème secondaire pour le moment car les ménages se focalisent sur les besoins les plus urgents comme l’alimentation, le paiement du loyer ou les dépenses de santé. Ainsi, beaucoup de foyers ont mis leurs factures d’énergie en attente durant la trêve hivernale, avec une certaine conciliance des fournisseurs pour le moment. Ce qui laisse craindre une explosion des impayés d’énergie dans les mois à venir et des demandes d’aides aux services sociaux,
  • Si certains fournisseurs ont mis en place des mesures pour alléger ou moduler les factures d’électricité des ménages en difficulté, qu’en est-il pour les ménages utilisant d’autres sources d’énergie (gaz, fioul, bois…) ?
3/ Le logement : risques d’expulsions et effets délétères exacerbés
  • La chute des ressources financières et la priorité donnée aux produits de première nécessité génèrent des difficultés pour payer les loyers. Même si les bailleurs semblent conciliants pour le moment, il s’agit d’un problème majeur  car le déconfinement, avec la levée de la trêve hivernale au 31 mai, devrait occasionner une forte hausse des problèmes d’impayés et des expulsions. De la même manière, les Conseils départementaux craignent une explosion des demandes de mesures de maintien dans le logement (FSL) en sortie de confinement.
  • Les effets délétères de la sur-occupation des logements ou de leur insalubrité se renforcent en période de confinement : stress, fatigue, problèmes de santé, etc. qui peuvent rendre les habitants plus vulnérables au virus. Consulter sur ce sujet l’article "La catastrophe du confinement pour les mal-logés " (Reporterre) et l’étude "Conditions de vie des ménages en période de confinement  " (INSEE).
  • Dans le cas de problématiques ou conflits entre le locataire et son bailleur (logement non-décent, impayés de loyer…), toutes les démarches en cours (médiation, action en justice) sont figées au risque que les problèmes s’aggravent.
4/ Encore plus de précarité sociale pour les ménages
  • Pour les personnes déjà isolées socialement (personnes vivant seules, personnes âgées, etc.), le confinement vient aggraver l’absence de liens sociaux et génère des impacts psychologiques (mal-être, anxiété) et un renforcement des désastres personnels.
  • Une cohabitation exacerbée dans le logement entraîne une hausse des violences familiales.
  • La précarité alimentaire s’intensifie en période de confinement. La fermeture des cantines a un fort impact pour les plus modestes : suspension des aides au paiement des repas, des repas moins équilibrés dans les foyers, des denrées alimentaires plus chères…avec un accès aux supermarchés limité et des chèques services proposées par les associations caritatives qui ne sont pas acceptés par tous les magasins.
  • Les déplacements de la population étant strictement contraints, le confinement complique l’accès aux biens et services (accès aux supermarchés, aux systèmes de santé, aux services sociaux, etc.). D’autant plus que les services sociaux fonctionnent en service réduit (baisse des effectifs, permanence sur des horaires restreints).
  • Qui plus est, la fracture numérique se fait d’autant plus sentir : les personnes ayant peu recours aux nouvelles technologies (pas d’adresse mail, d’ordinateurs ou de réseau internet - zone blanche - ont moins facilement accès au droit commun). Par exemple, la mise à jour de son compte CAF, les devoirs en ligne, la recherche d’emploi, l’accès aux bureaux de poste fermés pour retirer de l’argent, l’impossibilité de régler par Eficash, etc. est rendu plus difficile et affecte notamment la régularité de leurs paiements.
5/ Des travaux d’amélioration du logement en suspens
  • Les ménages pour lesquels des travaux d’amélioration de leur logement sont en cours, ou effectuant des demande d’aides aux travaux, voient bien souvent ces démarches mises en attente ou ralenties, les obligeant à continuer à vivre dans l’inconfort et/ou les difficultés à payer leurs factures.
  • La baisse d’activité économique induite par la crise sanitaire génère des difficultés de trésorerie pour les entreprises du bâtiment qui risquent de les détourner des travaux chez des ménages en difficulté chez qui les délais de paiement peuvent être plus longs.
Source RAPPEL